8 octobre 2010

Hautefeuille Times N°2


                                                                      Le 05 Octobre 2010
Hautefeuille Times
N°2
 EDITORIAL :
Chers lecteurs, nous sommes heureux de pouvoir vous offrir un nouveau numéro. Aujourd’hui le Hautefeuille Times sera consacré en particulier au dernier palmarès du festival de Cannes , accompagné d’un article scientifique de notre représentant du National Geographic Society, et une critique littéraire d’Andéol Bonnet.  Petit agenda Hautefeuillien : n’oubliez pas la Journée Portes Ouvertes le 16 octobre prochain, ainsi que la Vente de Noël le 20 novembre. Notre ami Théophile Charzat a (enfin) réussi à nous offrir son (sublime) blog, l’adresse : www.hautefeuilletimes.blogspot.com.
Sur ce, appréciez !
                                Palmarès du festival de Cannes
                                             2010


Cette année, le palmarès a suscité de vives réactions de la part des festivaliers, et pourtant, malgré une édition bien pauvre, le Festival de Cannes 2010 a été sauvé par le « bonze »…  Etonnant et grand palmarès, il a montré toute l’immensité du cinéma d’aujourd’hui, a apporté quelques confirmations et quelques très grandes surprises :
La confirmation d’un cinéma français en forme : Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois et Tournée de Matthieu Amalric (respectivement grand prix et prix de la mise en scène), qui sont tous les deux, chacun à leur façon, des hommages aux grands cinéastes du néo-réalisme italien. Le premier calme, sobre et maitrisé ; l’autre, débridé, foutraque et mélancolique : Rossellini face à Fellini…
La palme d’or attribuée à Weerasthakul, est certes inattendue, mais entièrement méritée. Elle est une preuve de reconnaissance (enfin) pour un des cinéastes les plus talentueux de sa génération…
Un homme qui crie d’Haroun, cinéaste tchadien, remplissait parfaitement la tâche de l’outsider africain (cinéma absent du festival depuis de longues années) ; un excellent prix du jury lui a été attribué…
Les prix d’interprétation (Juliette Binoche, Javier Bardem et l’acteur italien du film La nostra vida) sont peut-être un peu plus discutables ; au vu de la concurrence, ils sont toutefois de beaux prix.
Enfin le superbe Poetry de Lee Chan-Dong concluait ce palmarès avec un très beau prix du scénario, mérité (il aurait pu en mériter beaucoup d’autres…)  
Pierre-Jean Delvolvé

Oncle BOONMEE

d’Apichatpong Weerasetakhul

La voilà enfin, la palme d’or qui a fait tant jaser…  Est-ce vraiment la première ? Sûrement pas ! Ce serait oublier les palmes d’or scandales comme La dolce Vita de Federico Fellini, Belle de jour de Luis Buñuel, Taxi driver de Martin Scorsese, Apocalypse Now, de Francis-Ford Coppola etc. Pourtant, ces palmes-là sont aujourd’hui considérées comme d’immenses chefs-d’œuvre, indispensables pour tous cinéphiles… Alors peut-on comparer tous ces cas ? Evidemment tous ces films sont des cas bien particuliers, mais il est regrettable qu’il existe encore beaucoup de mauvaises langues qui parlent de Oncle Boonmee comme d’un film « inaccessible au grand public », « aussi compliqué que le nom de son cinéaste », … C’est navrant et proprement scandaleux. Surtout que le film de Weerasetakhul est tout bonnement prodigieux et pas si inaccessible. Il demande tout de même une certaine participation du spectateur, mais le cinéaste est toujours là pour nous guider, nous emmener dans son monde extraordinaire, sa jungle splendide, où les vies antérieures d’oncle Boonmee vont ressurgir sous nos yeux.
Dès la (sublime) scène d’ouverture, Apichaptong plante son décor… Un buffle, attaché à un piquet, s’échappe dans la jungle, dans la nuit noire. Cette scène, muette, nous fait découvrir ce qui nous attend durant ces deux heures d’enchantement : la jungle, un monde animalier étrange (avec l’apparition, toute en discrétion et en enchantement, du fameux singe fantôme aux yeux rouges). La scène laisse bouche-bée le spectateur par sa maîtrise du muet, de la nuit et de l’étrange.
 Weerasetakhul nous fait ensuite découvrir ses personnages. Il nous présente leur visage dans une scène tout aussi muette, lors d’un voyage en voiture. Apichaptong s’intéresse alors à l’une des principales problématiques du film : la famille. Alors, nous sommes informés de la maladie de Boonmee, sa future mort ; deux autres problématiques. C’est là qu’entre en jeu l’immense force d’écriture du film. Weerasetakhul rassemble ces trois problématiques avec les questions sur lesquelles s’interroge le film : la réaction d’une famille face à la maladie, à la mort. Quel réconfort apporte la famille à un malade ? etc. Lors d’une scène absolument prodigieuse, le cinéaste fait rimer ses idées scénaristiques et de réalisation (la jungle…) et ces problématiques. Le premier dîner après l’arrivée des personnages : dans un plan étourdissant, le réalisateur crée une métaphore sur ce qu’est l’homme dans l’immensité de la nature ; dans ce plan on voit de très loin la table où le repas a lieu, perdue au milieu de l’immensité de la jungle. C’est alors qu’apparaît l’esprit de la défunte femme de Boonmee. Les personnages ne semblent pas si étonnés, ils la contemplent, tout comme la caméra qui la fait renaître magnifiquement. Alors apparaît un singe aux yeux rouges (apparition par un plan étonnant et discret), on apprend que c’est le fils de Boonmee, disparu auparavant pour rejoindre les singes fantômes qui l’attirent énormément. Et voilà, une seule scène, en quelques cadrages, Weerasetakhul fait basculer son film, du conte familial à la fable fantaisiste et étrange.
Comment parler du film, sans parler de la bande-son hypnotisante qui est composée de bruissements de la jungle, de ce qu’il y a dehors...
La scène des funérailles est à  étudier de près : ici le cinéaste apporte une culture pop (mais lente) aux obsèques avec un plan judicieux, originale et sublime. 
Ce qui est très étonnant dans cette œuvre, c’est qu’elle « n’obéit » pas au titre : Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures. Le film ne parle jamais de souvenir, on ne peut pas savoir si l’on assiste à des flash-backs car ils ne sont jamais annoncés ou expliqués, le réalisateur laisse libre court à notre imagination, rêve ou vies passées ?
Mais en tout cas, c’est à travers les « vies » de l’oncle Boonmee, qu’elles soient humaine, animale (un poisson chat amoureux d’une princesse dont le visage est laid mais le reflet dans l’eau est sublime. Scène extraordinaire !), et autres, qu’ Apichaptong Weerasetakhul construit un film merveilleux, sombre et prodigieux.
Une palme d’or qui restera dans les mémoires, pas grâce aux mauvaises langues qui ose encore affirmer que le nom du cinéaste résume la complexité de son cinéma, mais grâce à son immense mise-en-scène, richesse d’écriture et son originalité sans failles.
Clairement et de loin le meilleur film de l’année 2010. Oncle Boonmee est un prodige, un chef-d’œuvre, une légende…
Pierre-Jean Delvolvé


DES HOMMES ET DES DIEUX
de Xavier Beauvois

Chronique d’une mort annoncée



« Vous êtes des Dieux, des fils du très haut ; pourtant vous mourrez comme des hommes, comme les princes, tous vous tomberez » (psaume 82) ; voilà comment Xavier Beauvois ouvre son film. Cette citation est posée devant un sublime paysage algérien. Avec cette phrase, Beauvois montre quelle est la recherche de son film, non pas du suspens, mais la réaction d’une communauté face à un danger imminent, face à la mort… Durant toute son œuvre, Beauvois travaillait sur l’appréhension d’une mort inévitable (Selon Matthieu, N’oublie pas que tu vas mourir) ; il avait également déjà évoqué le thème de la communauté (celle des flics, dans le Petit lieutenant). Ici, Beauvois, atteint le sommet de son cinéma…
Xavier Beauvois s’est toujours montré un cinéaste assez classique. Il ne prend pas d’audace par rapport aux règles de mise en scène, de cadrage (si l’on peut appeler cela des règles). Ici chaque plan est un rappel de son utilité : le plan large, pour le paysage ; le gros plan, pour exprimer l’émotion d’un personnage par la simple expression du visage de celui-ci… Les seuls gros plans du film sont réservés à sa meilleure scène : le dernier repas, accompagné du Lac des Cygnes de Tchaïkovski. Rarement une seule scène de cinéma a réussi à dégager une telle émotion. Au fur et à mesure que la musique évolue, les émotions des personnages changent, de la joie à la tristesse. Beauvois passe d’un traveling saisissant, à une série de gros plans arrêtés.
 Pour rester sur le point de vue visuel, certains évoquaient au retour de Cannes, en parlant du film, un message anti-terroriste ; le film est plus fort que ça, grâce aux choix de son metteur en scène. Celui-ci choisit d’évoquer, à travers plusieurs « tableaux », les faces importantes du christianisme. Exemple flagrant : le terroriste que soigne le moine joué par Michael Lonsdale, est filmé comme un Christ couché. Cette scène est d’ailleurs étonnante car elle est la seule qui comporte une évocation d’une certaine sensualité (évidemment cachée) : le personnage est nu, protégé d’un drap, le moine pour l’examiner lui caresse légèrement, et avec une douceur extrême, la poitrine. Alors, même si à travers ces tableaux, Beauvois évoque le Christ, la messe, l’eucharistie, etc., Des hommes et des Dieux n’a rien de catholique ou de mystique, il est le principe même du cinéma, un regard extérieur qui illustre, ici de façon splendide, une vie, une histoire quelconque… D’ailleurs pour sa scène cruciale, Beauvois utilise une musique profane (Tchaïkovski).
On sent également, dans sa mise en scène, qu’il cherche à parler de l’invisible, ce en quoi croient les moines, mais qu’ils ne voient pas. Une sublime scène essaye d’en faire une approche. Les moines sont dans leur chapelle, un silence d’or règne, quand tout à coup, un hélicoptère (venu d’on ne sait où) survole l’abbaye ; à ce moment précis les moines se tiennent main dans la main, et chantent, ce qui semble couvrir le bruit de l’hélicoptère. Voila ce qui les a unis, et ce qui les unira, face à la menace, une force invisible qui les envahit totalement.
Mais que serait cet immense film sans ses acteurs… Michael Lonsdale, Olivier Rabourdin et les autres moines sont tous prodigieux de bonté, de force, de générosité face à la caméra. Mention tout de même spéciale à Lambert Wilson : chaque plan, où il est seul, pourrait faire pleurer n’importe qui… Il est tout bonnement prodigieux !
Quelque chose d’intelligent également, beaucoup parlent d’un hommage aux 11 Fioretti de Rossellini, mais la différence avec celui-ci, c’est que pour la première fois, le moine est montré comme un homme normal, qui rit, qui pleure, qui danse, etc. Jamais un moine n’avait été montré avec autant de simplicité… D’où le titre Des HOMMES et des dieux.
Grand prix du jury entièrement mérité au dernier festival de Cannes, palme d’or ? Malheureusement pour lui ce fut Oncle Boonmee de Apichaptong Weerasethakul, et il était meilleur.
Pour conclure, un mot sur le très sobre, mais non moins magnifique dernier plan, la disparition progressive des moines dans une neige et un brouillard chaotique, une montée au Calvaire et vers le Ciel.
Pierre-Jean Delvolvé

                                            
GONE
par Michael Grant


Résumé :
Le jour se lève sur Perdido Beach, une petite ville côtière de Californie. Au collège, un professeur d'histoire commence son cours, comme tous les matins puis, tout à coup, il disparaît, « volatilisé » comme tous les habitants de plus de 15 ans. Alors que les rumeurs semblent circuler à la vitesse de la lumière, les enfants rentrent chez eux. Ils découvrent alors que les moyens de communication ne fonctionnent plus et se rassemblent en attendant le retour des adultes... Mais les heures passent et ces derniers ne reviennent ... pas. Les enfants sont livrés à eux-mêmes, une nouvelle vie commence dans la panique. Certains s'aperçoivent au même moment qu'ils sont dotés de pouvoirs surnaturels. Il faut désormais un chef pour contrôler le chaos, les nouveaux pouvoirs et organiser le quotidien. Dans le passé, un certain Sam, lors d’un déplacement en car, avait conduit le bus lorsque le chauffeur faisait une crise cardiaque, ce qui lui valut son surnom, «  Sam du bus ». Lors de la disparition des parents, il se démarque encore une fois en tentant le sauvetage d’une petite fille prise au piège dans un incendie, allumé d’une façon mystérieuse. Il est désigné par les autres enfants pour devenir leur chef. Mais celui-ci  refuse ce rôle. C'est donc la forte tête de l'académie militaire « Pensionnat Coates » pour enfants à problèmes, Caine, qui s’avère être un garçon un peu trop ambitieux...
Avis personnel :
Ce livre est très intéressant. Il nous montre ce que serait la vie sans les adultes  (mais ici, certains enfants développent des pouvoirs surnaturels). Si vous avez envie d’avoir une vie sans adultes, lisez ce livre, et vous verrez que ce n’est pas si génial que ça en a l’air. L’histoire se déroule dans une ville typiquement américaine (comme Springfield), avec une centrale nucléaire, etc., ce que j’apprécie dans les livres fantastiques. Mais je n’en dis pas plus, car peut-être aurez-vous envie de le lire. Ou peut-être pas.
Andéol Bonnet


ET SI LES ANCIENS REVENAIENT ?


L’Association des Anciens a repris depuis l’an dernier une nouvelle vie. Depuis le début de l’année, trois réunions d’anciens ont eu lieu : les promos 2008, 2009 et 2010 se sont retrouvées les trois premières semaines : ils sont actuellement en 2nde, 1ère et terminale. Le 15 octobre, ce sera le tour de la promo 2006. Le 28 octobre, ceux des promos 1993 à 2002 se retrouveront autour de leur ancien professeur d’Histoire, M. Kobtzeff, pour une conférence sur « Poutine et la Russie actuelle », suivie d’un dîner.
L’Association a pour président Séverin Basse (promo 1998), qui crée une entreprise ; deux vice-présidents : Charles-Henri Rey (promo 1989), marié, qui travaille dans l’intelligence économique ; et Paul-Joseph Michel (promo 2006), étudiant en prépa littéraire. Son secrétaire est Christophe Bernard-Bruls, étudiant en économie.
Ils se sont réunis le 1er octobre pour une Assemblée générale, et ils sont en train de créer un site Internet. Des Anciens vont revenir au Collège pour des interventions dans les classes : présentation de leurs carrières professionnelles, suivies de débats. Il est fréquent que Hautefeuille ait laissé dans leur vie un souvenir durable.
Silvestre Baudrillart

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire