14 décembre 2010

Nouvelles recrues

Il y a deux nouvelles recrues! Le grand littéraire d'Hautefeuille, François de Saint Germain et Guillaume Lejeune qui s'est révélé être un fin journaliste.
Bonnes fêtes et bonne année.
Bien a vous
Théophile CHARZAT LIOT DE NORTBECOURT

8 octobre 2010

EDITO DU CREATEUR

Cette année sera différente des années précedentes. Une nouvelle équipe avec la prolongation de contrat de Théophile CHARZAT LIOT DE NORTBECOURT, et la reprise en main de Pierre-Jean DELVOLVE, de Ivan AUBERT et notre équipe sera aidée par Andéol BONNET, et nous serons sponsorisés par le collège Hautefeuille et la fondation Opus Dei.

Bonne année
Théophile CHARZAT LIOT DE NORTBECOURT

Hautefeuille Times N°2


                                                                      Le 05 Octobre 2010
Hautefeuille Times
N°2
 EDITORIAL :
Chers lecteurs, nous sommes heureux de pouvoir vous offrir un nouveau numéro. Aujourd’hui le Hautefeuille Times sera consacré en particulier au dernier palmarès du festival de Cannes , accompagné d’un article scientifique de notre représentant du National Geographic Society, et une critique littéraire d’Andéol Bonnet.  Petit agenda Hautefeuillien : n’oubliez pas la Journée Portes Ouvertes le 16 octobre prochain, ainsi que la Vente de Noël le 20 novembre. Notre ami Théophile Charzat a (enfin) réussi à nous offrir son (sublime) blog, l’adresse : www.hautefeuilletimes.blogspot.com.
Sur ce, appréciez !
                                Palmarès du festival de Cannes
                                             2010


Cette année, le palmarès a suscité de vives réactions de la part des festivaliers, et pourtant, malgré une édition bien pauvre, le Festival de Cannes 2010 a été sauvé par le « bonze »…  Etonnant et grand palmarès, il a montré toute l’immensité du cinéma d’aujourd’hui, a apporté quelques confirmations et quelques très grandes surprises :
La confirmation d’un cinéma français en forme : Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois et Tournée de Matthieu Amalric (respectivement grand prix et prix de la mise en scène), qui sont tous les deux, chacun à leur façon, des hommages aux grands cinéastes du néo-réalisme italien. Le premier calme, sobre et maitrisé ; l’autre, débridé, foutraque et mélancolique : Rossellini face à Fellini…
La palme d’or attribuée à Weerasthakul, est certes inattendue, mais entièrement méritée. Elle est une preuve de reconnaissance (enfin) pour un des cinéastes les plus talentueux de sa génération…
Un homme qui crie d’Haroun, cinéaste tchadien, remplissait parfaitement la tâche de l’outsider africain (cinéma absent du festival depuis de longues années) ; un excellent prix du jury lui a été attribué…
Les prix d’interprétation (Juliette Binoche, Javier Bardem et l’acteur italien du film La nostra vida) sont peut-être un peu plus discutables ; au vu de la concurrence, ils sont toutefois de beaux prix.
Enfin le superbe Poetry de Lee Chan-Dong concluait ce palmarès avec un très beau prix du scénario, mérité (il aurait pu en mériter beaucoup d’autres…)  
Pierre-Jean Delvolvé

Oncle BOONMEE

d’Apichatpong Weerasetakhul

La voilà enfin, la palme d’or qui a fait tant jaser…  Est-ce vraiment la première ? Sûrement pas ! Ce serait oublier les palmes d’or scandales comme La dolce Vita de Federico Fellini, Belle de jour de Luis Buñuel, Taxi driver de Martin Scorsese, Apocalypse Now, de Francis-Ford Coppola etc. Pourtant, ces palmes-là sont aujourd’hui considérées comme d’immenses chefs-d’œuvre, indispensables pour tous cinéphiles… Alors peut-on comparer tous ces cas ? Evidemment tous ces films sont des cas bien particuliers, mais il est regrettable qu’il existe encore beaucoup de mauvaises langues qui parlent de Oncle Boonmee comme d’un film « inaccessible au grand public », « aussi compliqué que le nom de son cinéaste », … C’est navrant et proprement scandaleux. Surtout que le film de Weerasetakhul est tout bonnement prodigieux et pas si inaccessible. Il demande tout de même une certaine participation du spectateur, mais le cinéaste est toujours là pour nous guider, nous emmener dans son monde extraordinaire, sa jungle splendide, où les vies antérieures d’oncle Boonmee vont ressurgir sous nos yeux.
Dès la (sublime) scène d’ouverture, Apichaptong plante son décor… Un buffle, attaché à un piquet, s’échappe dans la jungle, dans la nuit noire. Cette scène, muette, nous fait découvrir ce qui nous attend durant ces deux heures d’enchantement : la jungle, un monde animalier étrange (avec l’apparition, toute en discrétion et en enchantement, du fameux singe fantôme aux yeux rouges). La scène laisse bouche-bée le spectateur par sa maîtrise du muet, de la nuit et de l’étrange.
 Weerasetakhul nous fait ensuite découvrir ses personnages. Il nous présente leur visage dans une scène tout aussi muette, lors d’un voyage en voiture. Apichaptong s’intéresse alors à l’une des principales problématiques du film : la famille. Alors, nous sommes informés de la maladie de Boonmee, sa future mort ; deux autres problématiques. C’est là qu’entre en jeu l’immense force d’écriture du film. Weerasetakhul rassemble ces trois problématiques avec les questions sur lesquelles s’interroge le film : la réaction d’une famille face à la maladie, à la mort. Quel réconfort apporte la famille à un malade ? etc. Lors d’une scène absolument prodigieuse, le cinéaste fait rimer ses idées scénaristiques et de réalisation (la jungle…) et ces problématiques. Le premier dîner après l’arrivée des personnages : dans un plan étourdissant, le réalisateur crée une métaphore sur ce qu’est l’homme dans l’immensité de la nature ; dans ce plan on voit de très loin la table où le repas a lieu, perdue au milieu de l’immensité de la jungle. C’est alors qu’apparaît l’esprit de la défunte femme de Boonmee. Les personnages ne semblent pas si étonnés, ils la contemplent, tout comme la caméra qui la fait renaître magnifiquement. Alors apparaît un singe aux yeux rouges (apparition par un plan étonnant et discret), on apprend que c’est le fils de Boonmee, disparu auparavant pour rejoindre les singes fantômes qui l’attirent énormément. Et voilà, une seule scène, en quelques cadrages, Weerasetakhul fait basculer son film, du conte familial à la fable fantaisiste et étrange.
Comment parler du film, sans parler de la bande-son hypnotisante qui est composée de bruissements de la jungle, de ce qu’il y a dehors...
La scène des funérailles est à  étudier de près : ici le cinéaste apporte une culture pop (mais lente) aux obsèques avec un plan judicieux, originale et sublime. 
Ce qui est très étonnant dans cette œuvre, c’est qu’elle « n’obéit » pas au titre : Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures. Le film ne parle jamais de souvenir, on ne peut pas savoir si l’on assiste à des flash-backs car ils ne sont jamais annoncés ou expliqués, le réalisateur laisse libre court à notre imagination, rêve ou vies passées ?
Mais en tout cas, c’est à travers les « vies » de l’oncle Boonmee, qu’elles soient humaine, animale (un poisson chat amoureux d’une princesse dont le visage est laid mais le reflet dans l’eau est sublime. Scène extraordinaire !), et autres, qu’ Apichaptong Weerasetakhul construit un film merveilleux, sombre et prodigieux.
Une palme d’or qui restera dans les mémoires, pas grâce aux mauvaises langues qui ose encore affirmer que le nom du cinéaste résume la complexité de son cinéma, mais grâce à son immense mise-en-scène, richesse d’écriture et son originalité sans failles.
Clairement et de loin le meilleur film de l’année 2010. Oncle Boonmee est un prodige, un chef-d’œuvre, une légende…
Pierre-Jean Delvolvé


DES HOMMES ET DES DIEUX
de Xavier Beauvois

Chronique d’une mort annoncée



« Vous êtes des Dieux, des fils du très haut ; pourtant vous mourrez comme des hommes, comme les princes, tous vous tomberez » (psaume 82) ; voilà comment Xavier Beauvois ouvre son film. Cette citation est posée devant un sublime paysage algérien. Avec cette phrase, Beauvois montre quelle est la recherche de son film, non pas du suspens, mais la réaction d’une communauté face à un danger imminent, face à la mort… Durant toute son œuvre, Beauvois travaillait sur l’appréhension d’une mort inévitable (Selon Matthieu, N’oublie pas que tu vas mourir) ; il avait également déjà évoqué le thème de la communauté (celle des flics, dans le Petit lieutenant). Ici, Beauvois, atteint le sommet de son cinéma…
Xavier Beauvois s’est toujours montré un cinéaste assez classique. Il ne prend pas d’audace par rapport aux règles de mise en scène, de cadrage (si l’on peut appeler cela des règles). Ici chaque plan est un rappel de son utilité : le plan large, pour le paysage ; le gros plan, pour exprimer l’émotion d’un personnage par la simple expression du visage de celui-ci… Les seuls gros plans du film sont réservés à sa meilleure scène : le dernier repas, accompagné du Lac des Cygnes de Tchaïkovski. Rarement une seule scène de cinéma a réussi à dégager une telle émotion. Au fur et à mesure que la musique évolue, les émotions des personnages changent, de la joie à la tristesse. Beauvois passe d’un traveling saisissant, à une série de gros plans arrêtés.
 Pour rester sur le point de vue visuel, certains évoquaient au retour de Cannes, en parlant du film, un message anti-terroriste ; le film est plus fort que ça, grâce aux choix de son metteur en scène. Celui-ci choisit d’évoquer, à travers plusieurs « tableaux », les faces importantes du christianisme. Exemple flagrant : le terroriste que soigne le moine joué par Michael Lonsdale, est filmé comme un Christ couché. Cette scène est d’ailleurs étonnante car elle est la seule qui comporte une évocation d’une certaine sensualité (évidemment cachée) : le personnage est nu, protégé d’un drap, le moine pour l’examiner lui caresse légèrement, et avec une douceur extrême, la poitrine. Alors, même si à travers ces tableaux, Beauvois évoque le Christ, la messe, l’eucharistie, etc., Des hommes et des Dieux n’a rien de catholique ou de mystique, il est le principe même du cinéma, un regard extérieur qui illustre, ici de façon splendide, une vie, une histoire quelconque… D’ailleurs pour sa scène cruciale, Beauvois utilise une musique profane (Tchaïkovski).
On sent également, dans sa mise en scène, qu’il cherche à parler de l’invisible, ce en quoi croient les moines, mais qu’ils ne voient pas. Une sublime scène essaye d’en faire une approche. Les moines sont dans leur chapelle, un silence d’or règne, quand tout à coup, un hélicoptère (venu d’on ne sait où) survole l’abbaye ; à ce moment précis les moines se tiennent main dans la main, et chantent, ce qui semble couvrir le bruit de l’hélicoptère. Voila ce qui les a unis, et ce qui les unira, face à la menace, une force invisible qui les envahit totalement.
Mais que serait cet immense film sans ses acteurs… Michael Lonsdale, Olivier Rabourdin et les autres moines sont tous prodigieux de bonté, de force, de générosité face à la caméra. Mention tout de même spéciale à Lambert Wilson : chaque plan, où il est seul, pourrait faire pleurer n’importe qui… Il est tout bonnement prodigieux !
Quelque chose d’intelligent également, beaucoup parlent d’un hommage aux 11 Fioretti de Rossellini, mais la différence avec celui-ci, c’est que pour la première fois, le moine est montré comme un homme normal, qui rit, qui pleure, qui danse, etc. Jamais un moine n’avait été montré avec autant de simplicité… D’où le titre Des HOMMES et des dieux.
Grand prix du jury entièrement mérité au dernier festival de Cannes, palme d’or ? Malheureusement pour lui ce fut Oncle Boonmee de Apichaptong Weerasethakul, et il était meilleur.
Pour conclure, un mot sur le très sobre, mais non moins magnifique dernier plan, la disparition progressive des moines dans une neige et un brouillard chaotique, une montée au Calvaire et vers le Ciel.
Pierre-Jean Delvolvé

                                            
GONE
par Michael Grant


Résumé :
Le jour se lève sur Perdido Beach, une petite ville côtière de Californie. Au collège, un professeur d'histoire commence son cours, comme tous les matins puis, tout à coup, il disparaît, « volatilisé » comme tous les habitants de plus de 15 ans. Alors que les rumeurs semblent circuler à la vitesse de la lumière, les enfants rentrent chez eux. Ils découvrent alors que les moyens de communication ne fonctionnent plus et se rassemblent en attendant le retour des adultes... Mais les heures passent et ces derniers ne reviennent ... pas. Les enfants sont livrés à eux-mêmes, une nouvelle vie commence dans la panique. Certains s'aperçoivent au même moment qu'ils sont dotés de pouvoirs surnaturels. Il faut désormais un chef pour contrôler le chaos, les nouveaux pouvoirs et organiser le quotidien. Dans le passé, un certain Sam, lors d’un déplacement en car, avait conduit le bus lorsque le chauffeur faisait une crise cardiaque, ce qui lui valut son surnom, «  Sam du bus ». Lors de la disparition des parents, il se démarque encore une fois en tentant le sauvetage d’une petite fille prise au piège dans un incendie, allumé d’une façon mystérieuse. Il est désigné par les autres enfants pour devenir leur chef. Mais celui-ci  refuse ce rôle. C'est donc la forte tête de l'académie militaire « Pensionnat Coates » pour enfants à problèmes, Caine, qui s’avère être un garçon un peu trop ambitieux...
Avis personnel :
Ce livre est très intéressant. Il nous montre ce que serait la vie sans les adultes  (mais ici, certains enfants développent des pouvoirs surnaturels). Si vous avez envie d’avoir une vie sans adultes, lisez ce livre, et vous verrez que ce n’est pas si génial que ça en a l’air. L’histoire se déroule dans une ville typiquement américaine (comme Springfield), avec une centrale nucléaire, etc., ce que j’apprécie dans les livres fantastiques. Mais je n’en dis pas plus, car peut-être aurez-vous envie de le lire. Ou peut-être pas.
Andéol Bonnet


ET SI LES ANCIENS REVENAIENT ?


L’Association des Anciens a repris depuis l’an dernier une nouvelle vie. Depuis le début de l’année, trois réunions d’anciens ont eu lieu : les promos 2008, 2009 et 2010 se sont retrouvées les trois premières semaines : ils sont actuellement en 2nde, 1ère et terminale. Le 15 octobre, ce sera le tour de la promo 2006. Le 28 octobre, ceux des promos 1993 à 2002 se retrouveront autour de leur ancien professeur d’Histoire, M. Kobtzeff, pour une conférence sur « Poutine et la Russie actuelle », suivie d’un dîner.
L’Association a pour président Séverin Basse (promo 1998), qui crée une entreprise ; deux vice-présidents : Charles-Henri Rey (promo 1989), marié, qui travaille dans l’intelligence économique ; et Paul-Joseph Michel (promo 2006), étudiant en prépa littéraire. Son secrétaire est Christophe Bernard-Bruls, étudiant en économie.
Ils se sont réunis le 1er octobre pour une Assemblée générale, et ils sont en train de créer un site Internet. Des Anciens vont revenir au Collège pour des interventions dans les classes : présentation de leurs carrières professionnelles, suivies de débats. Il est fréquent que Hautefeuille ait laissé dans leur vie un souvenir durable.
Silvestre Baudrillart

5 octobre 2010

HAUTEFEUILLE TIMES N°1


                                               le 21 Septembre 2010
HAUTEFEUILLE TIMES
N°1
ÉDITORIAL
Une nouvelle année débute à Hautefeuille, et on ne cesse d’évoluer… Fini le Hautefeuille Info, voici le Hautefeuille Times (le titre pourrait évoluer en fonctions des articles publiés…) et sa nouvelle équipe. Silvestre Baudrillart reste le maestro du magazine, Ivan Aubert et moi-même serons les rédacteurs en chefs, Andéol Bonnet nous offrira également ses services et Théophile Charzat s’occupera de notre Blog. Evidemment, si vous souhaitez nous faire parvenir vos idées, voire vos articles, vous pouvez nous les envoyez à l’adresse e-mail : hautefeuilletimes@gmail.com.
Cette année, nous sommes partis sur une flopée de bonnes résolutions (espérons que ce ne soient pas que des  résolutions…). Vous promettre des articles de qualité (qui seront contrôlés) en évitant les copiés-collés des 20 minutes et autres Metro.
Nous espérons tous que vous allez apprécier cette nouvelle édition, et que votre rentrée se passe bien (pour les élèves et pour les professeurs…). Sur ce, je vous laisse apprécier.
                                                                                                                                 Pierre-Jean Delvolvé

INTERVIEW de M. LARY
1. Une nouvelle année à Hautefeuille débute, la motivation est-elle la même qu’à vos débuts ?
Oui, je suis même encore plus motivé.
2. Sentez-vous que vos méthodes évoluent au fil des années ?
Mes méthodes s’affirment avec l’expérience et j’essaie de m’intéresser à tous les élèves dans ma manière d’enseigner.
3. Pensez-vous qu’Hautefeuille change au fil du temps ?
L’équipe de professeurs est de plus en plus solide et les familles de plus en plus motivées. Les élèves sont de plus en plus conscients d’être dans un bon collège.
4. Quel sont vos passions, vos « hobbies », en dehors de l’école et de votre matière ?
Je suis passionné par les jeux de stratégie, la géographie et l’Histoire.

                                                        Questions posées par Théophile Charzat, Andéol Bonnet  
CLAUDE CHABROL 

                                La « cérémonie » est terminée…                  



Ce dimanche, un grand nom du cinéma français s’est éteint, un cœur bon vivant et drôle. L’immense artiste de la caméra a fait son dernier adieu au cinéma, laissant derrière lui tout un monde de cinéphiles, qui gardera pour toujours un absent dans ses rangs.
Chabrol était le dernier à avoir vécu toutes les époques du cinéma français :
-Il débute à la fin des années 50 à côtés des Jean Renoir ou autres Marcel Carné ;
-Critique de la plus grande revue cinématographique du moment, Les Cahiers du Cinéma, avec François Truffaut, Jean-Luc Godard, Eric Rohmer ou encore Alain Resnais. Avec ceux-là, il lança la période la plus prolifique et la plus connue du cinéma français : La nouvelle vague.
-La fin des années 70-début des années 80, la période « bon français », provocatrice, à côté de Bertrand Blier et autres.
-Et puis le cinéma contemporain, de nos jours.
Chabrol a toujours étonné, et séduit, par sa façon étonnante et amusante de jouer avec sa caméra. Il la faisait virevolter, tourner, reculer, avancer,… Si sa filmographie est aussi réussit c’est bien grâce à sa profonde liberté de cadrages. Et pourtant, Chabrol, dans la nouvelle vague, était de la partie de ceux qui gardaient un certain nombre de règles de mise en scène (il était avec Truffaut et Resnais « contre » la partie Godard, Rohmer, Rivette, extrêmement libératrice et sans règles, ou très peu).
Chabrol était, comme Truffaut, un fan absolu d’Alfred Hitchcock. Pour beaucoup, il était perçu comme son successeur. Son monde bourgeois, savoureusement pervers, n’était pas sans rappeler le cinéma du « maître du suspense ».
Dans tous les films de son immense filmographie (Le boucher, Poulet au vinaigre, la ligne de démarcation, La cérémonie, affaire de femmes, Masques  …) Chabrol exprimait son regard acide et légèrement provocateur sur la bourgeoisie, on riait toujours gêné, on était terrifié de façon terriblement jouissive…
Chabrol était également un maître des actrices, révélant des femmes comme Isabelle Huppert, Sandrine Bonnaire et autres, ses choix se révélaient toujours très fins.
Il était également un homme drôle, actif et terriblement français. Toujours avec son cigare et son verre de vin rouge, il prononça toujours cette phrase, lorsqu’on lui proposait d’aller à la cantine du tournage, restée dans les annales : « NON monsieur, nous sommes en France sur un tournage français, il me faut pinard, cigare et fromage… »      
Alors M. Chabrol, adieu et « merci pour le cinéma »…

Pierre-Jean DELVOLVÉ

    
DERNIÈRES NOUVELLES ZOOLOGIQUES


• De récentes recherches scientifiques prouvent, grâce à l’écoute des ultra-sons, que les rats, et d’autres animaux ayant les cordes vocales adaptées, émettent des rires sous l’effet de chatouilles et de jeux. Quel poète affirmait que le rire était le propre de l’homme ?

• Grâce à l’étude sur le terrain de certains savants, on a remarqué que les éléphants qu’on croise font preuve, comme l’être humain une fois encore, de gestes affectifs les uns envers les autres et d’un vocabulaire relativement développé. Il a même été démontré que la muqueuse autour de leurs yeux, la même que chez l’Homme, produit un liquide sous l’effet d’un stress intense ou d’une émotion forte (la perte d’un membre important du groupe, par exemple) ; bien que tous les chercheurs n’acceptent pas le terme de « larmes », ils conviennent que les « pleurs » des éléphants obéissent aux mêmes stimuli que ceux des Hommes.
On peut alors se demander où commencent les sentiments, entre ressentis inexplicables et faits scientifiques avérés.

• Aujourd’hui, tous les maîtres-chiens l’affirment : un canidé pratiquant le sauvetage régulièrement et ne retrouvant aucun survivant à la fin d’une journée de recherches peut être victime d’une grave déprime. Pour éviter cela, il est parfois impératif de placer de faux survivants dans les décombres. Les psychologues animaliers sont-ils vraiment inutiles ?

• Dernièrement, certains chercheurs ont observé que les oiseaux-jardiniers (notamment présents en Australie et en Nouvelle-Guinée) est la seule espèce découverte à ce jour affichant des goûts (chromatiques surtout) individuels aussi marqués dans la décoration (notes : ces volatiles créent de somptueux nids et donjons boisés pour leurs belles).
Goûts ou instincts de séduction ?


Ivan AUBERT (Membre agréé de la National Geographic Society)

HAUTEFEUILLE ET LA NON-MIXITE AU JOURNAL DE 20 HEURES

Le Collège est passé à la télévision, une nouvelle fois (cela arrive assez fréquemment), au journal de 20 heures, sur France 2, jeudi 2 septembre, sur un sujet d’intérêt général, la non-mixité ou éducation différenciée.
L’accroche est intéressante : le journaliste fait remarquer que la mixité est remise en question un peu partout ; tout d’abord aux Etats-Unis, où un mouvement de grande ampleur touche les écoles mixtes. En quelques années, 500 établissements publics mixtes sont devenus non-mixtes, dans les quartiers pauvres de nombreuses villes, où les garçons sont plus durement frappés par le chômage que les filles, tandis que celles-ci subissent assez mal la violence du sexe fort.
D’autre part, une sociologue, Marie Duru-Bellat, a publié récemment une étude sur les conséquences négatives de la mixité, aussi bien pour les filles que pour les garçons, remettant celle-ci en cause d’un point de vue scientifique.
Après cette introduction, quelques images de Hautefeuille nous sont présentées : M. Sauleau faisant l’appel le jour de la rentrée. Hautefeuille est décrite comme "un établissement catholique de la banlieue parisienne, où tous les élèves et tous les enseignants sont du sexe masculin." Quelques élèves sont interrogés. Le premier souligne, assez posément et longuement, que l’absence des filles permet d’être plus naturel ; un autre suggère que, si elles étaient là, elles tempéreraient un peu la rudesse du caractère des garçons... Puis la caméra nous entraîne dans le bureau de M. Sauleau. Celui-ci souligne le retard de maturité qui affecte les jeunes hommes : dans un environnement non-mixte, ils peuvent plus aisément progresser et s’épanouir.
Le journaliste enchaîne sur quelques images d’archives : un débat dans une salle de classe, en 1968, entre garçons et filles du primaire, sur le même thème. L’échange est savoureux et vieillot, et un sociologue explique que les garçons avaient peur des filles, et que les filles méprisaient les garçons.
Après quoi, c’est Marie Duru-Bellat, la sociologue, qui est interrogée sur le fond de verdure d’un jardin public. Subtilement, elle montre que les filles, dans un environnement mixte, ont tendance à renforcer les stéréotypes de la féminité. Pour ne pas passer pour des intellectuelles, elles hésitent à choisir, par exemple, des carrières qui sont habituellement présentées comme masculines : effet pervers et inattendu de la mixité scolaire.
Puis la caméra se déplace aux Etats-Unis, nous montrant des établissements non-mixtes où les élèves, en uniforme impeccable, sont manifestement des Afro-Américains des quartiers pauvres, qui ont retrouvé une dignité. Le mouvement est présenté comme d’une grande ampleur, et c’est effectivement le cas : c’est la présidence, à l’époque de Bush, qui a amorcé cette mutation des écoles publiques.
Retour en France : des lycéens d’un établissement parisien qui, de leur côté, sont franchement pour la mixité et la présence des filles. Et le journaliste termine en soulignant que la loi française défend la non-mixité au nom de la lutte contre les discriminations.
Au total, un beau reportage, d’une intéressante indépendance d’esprit, équilibré et montrant Hautefeuille sous l’un des aspects qui justifient le contrat avec l’Etat. En effet, le caractère propre de l’établissement, en l’occurrence la non-mixité, remplit un service public. Hautefeuille offre aux parents qui le désirent cette éducation différenciée dont beaucoup de garçons ont besoin pour grandir.
Sylvestre  Baudrillart